juillet 21, 2024
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Politics

Opérations militaires au Nord-Kivu : secouées par les ADF, les zones de Beni, Irumu et Mambasa oubliées?


L’Est de la République Démocratique du Congo reste déchiré par l’activisme accru des groupes armés, auteurs des violences qui ont coûté la vie à plusieurs millions de civils.

A la base de cette insécurité, l’exploitation des ressources minières rares que regorge le sous-sol congolais, notamment le coltan, le cobalt ou le lithium nécessaires pour la fabrication des batteries de voitures électriques et de téléphones.

Cependant, alors que le gouvernement reste concentré sur la menace du M23, un mouvement terroriste soutenu par le Rwanda, selon Kinshasa et l’ONU, et l’Ouganda d’après la société civile, les régions de Beni, au Nord-Kivu et celles d’Irumu et Mambasa en Ituri, restent les théâtres de guerre des terroristes islamistes ADF. Ils intensifient depuis le début de cette année des attaques meurtrières contre la population civile. Plus de 200 personnes ont déjà été tuées par ces assaillants en 2 mois.

Ces graves tueries poussent certains analystes à interpeler le gouvernement congolais sur ses responsabilités. Ces derniers estiment que le gouvernement a orienté son attention sur les opérations contre le M23, oubliant les atrocités auxquelles font face les populations de ces régions.

Fabrice Mulwahali, un activiste des droits de l’homme, estime que la population de ces régions menacées mérite la même mobilisation et attention du gouvernement.

« L’on remarque par exemple que depuis la fin de l’année 2023, il y a des graves tueries en dépit du fait que nous soyons en tant que province, sous état de siège. Et la province du Nord-Kivu et celle de l’Ituri, sont les deux provinces terriblement touchées par les atrocités des ADF, du côté territoire de Beni et Irumu cela, en contrario avec l’attention particulière que tout le monde accorde aux opérations contre le M23. C’est la seule guerre qui bénéficie d’une grande mobilisation, mais une terrible guerre qui vient de faire 9 ans et qui s’accentue et qui fait énormément des morts malheureusement qui ne bénéficie pas d’une attention particulière pour en finir une fois pour toute », a-t-il fait fait savoir.

Malgré plusieurs essais opérationnels qui se sont soldés par des bilans moins satisfaisants, Beni, Irumu et Mambasa restent sans doute les régions où le sang des civils coule sans bénéficier de l’attention tous azimuts du gouvernement et de la communauté internationale.

Maître Mulwahali pense que tous les moyens sont possibles pour remettre l’autorité de l’État dans ces zones.

« Le silence du gouvernement relève d’une irresponsabilité, de l’incompétence, de son inaptitude de pouvoir résoudre ce problème, mais le silence de la communauté internationale peut s’expliquer par un silence coupable à partir du moment où, il est possible qu’il ait des firmes internationales, qu’il ait des grandes sociétés commerciales ou industrielles des sujets venant des grandes puissances qui tirent leur profit de cette guerre dont la fin pourrait préjudice à leur raison d’exploitation illicite, de tout ce qui peut être comme intérêt à partir de cette guerre », explique-t-il.

Ce point de vue est partagé par la société civile qui exige le renforcement des effectifs militaires et éventuellement des opérations d’envergure dans ces zones.

« Les autorités doivent nous garantir la sécurité. Nous sommes en train de regretter que les ADF circulent en électron libre et cela nous inquiète » , a expliqué John Mthe, cadre de la société civile locale.

L’armée quant à elle, indique toujours être en opération dans ces zones. Au-delà de neutraliser les ADF, elle indique avoir capturé plusieurs autres depuis le début de l’année 2024.

Azarias Mokonzi



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