février 29, 2024
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Politics Wedding

TRIBUNE : Visite privée du président francais E. Macron au quartier réputé de Bandalungwa à Kinshasa, une promotion culturelle ou un déshonneur burlesque pour la République ?


Arrivé à Kinshasa au milieu de la nuit du 03 au 04 mars pour une visite d’amitié et du travail, lui qui était à Brazzaville capitale de la République du Congo en cours de sa tournée africaine, le président français Emmanuel Macron aurait, en plus de sa prise de parole scrutée qui a semblé donner des leçons au peuple congolais sur la question sécuritaire à l’est du pays lors de la conférence de presse conjointe avec son homologue Félix Tshisekedi tenue le 04 mars au palais de la nation, amadouement tourné en ridicule l’image du peuple congolais à travers sa balade de flétrissure aux petits bars de Bandal à Kinshasa.
Parlons-en, la République française, membre permanent de conseil de sécurité des nations unies ayant le droit de veto, a toujours été musclée et très impliquée dans la résolution des problèmes européens et occidentaux. par contre, étant visiblement molle et réservée à apporter une solution pérenne aux problèmes de pays africains, elle se trouve être dans une situation de coupure de cordon avec bien des pays africains dont la cause principale demeure le rapport de « paternalisme » que celle-ci entretient depuis toujours avec ses anciennes colonies. Cette situation, s’avérant aggravante met en mal les intérêts de la France vis-à-vis de ces pays africains et trace un couloir de mort au terme péjorativement connoté de néocolonialisme « Françafrique ». Les effets de ce déracinement sont manifestes dans les pays de l’ouest comme Guinée, Burkina-Faso, Mali où d’ailleurs la langue française est envoi de la mise à la porte après un acte de bravoure posé par les autorités maliennes qui ont exigé le retrait sur leur territoire des troupes françaises ayant été en mission de l’opération Barkhane au Sahel et au Sahara depuis 2013 dont le résultat s’avère chaotique.
Revenons à notre mouton ! sous un soleil accablant dans une ville où les ressentis et les émotions de la population s’entrechoquent sur l’opportunité et l’intérêt de sa visite, le président français dans ses habitudes d’emballer l’opinion sur des questions qui fâchent, a tenté de jouer son beau jeu de fanfaron lors de la conférence de presse côte à côte avec le président congolais en faisant croire au congolais que l’insécurité à l’est du pays est plutôt dû à l’incapacité du gouvernement congolais à bien prendre les choses en mains et non à l’implication hostile de l’extérieure « Depuis 1994, pardon de le dire dans ces termes aussi crus, vous n’avez jamais été capable de restaurer la souveraineté, ni militaire, ni sécuritaire, ni administrative de votre pays. C’est une réalité, il ne faut pas chercher des coupables à l’extérieur. » A-t-il craché. Soulignons que le paralangage du président Macron pendant son speech pouvait exprimer une attitude de dédain à l’égard des autorités congolaises à tel point que sa réponse à la question du journaliste française sur les prochaines élections de 2023 en RDC a malheureusement été orientée sous un angle paternaliste formulé de mot « compromis à l’africaine » comme étant le résultat qui caractérise les élections de 2018 , chose qui n’a pas plus à son homologue Félix Tshisekedi qui, sans avoir avalé sa langue, a simultanément rétorqué en des termes aussi fermes et des exemples avérés sur les irrégularités des élections du président américain Joe Biden, et celles de l’ancien président français Jacques Chirac  « A cette question de compromis à l’africaine, c’est justement ça qui doit changer dans nos rapports avec la France en particulier, l’Europe et l’occident en général votre façon de voir les choses en Afrique. Lorsqu’il y a des irrégularités aux élections américaines, on ne parle pas de compromis à l’américaine, lorsqu’il y a eu un scandale en France sur les élections pendant des années Chirac, on ne parlait pas de compromis à la française, je crois qu’il doit y avoir du respect dans la considération envers les uns et les autres ».
Du haut de la tribune de palais de la nation.
Emmanuel Macron qui en a eu pour son compte dans sa rhétorique de boomerang sur la tribune de palais de la nation face aux journalistes, va cette fois-là opter de passer la brosse à reluire. Que faut-il faire, visiter le jardin zoologique de Kinshasa ? Il n’y existe presque plus rien. Visiter le musée national ? Je ne sais quoi de bon découvrir, aller à la découverte des sites touristiques, historiques et culturels du pays ? Personne à m’indiquer, alors! Allons y prendre une bonne bière au petit bar de bandal. Une métaphore illustrant le choix de la visite privée du président français Emmanuel Macron en pleine soirée dans le quartier chaud de Kinshasa en compagnie de ministre congolais de communication et medias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya et de l’artiste musicien congolais Fally Ipupa. Quelle controverse sur l’opinion nationale qu’internationale !!! Ça aurait été en Ukraine sous l’agression de Russie, en Turquie endeuillée par la catastrophe naturelle de séisme, au Mali sous les menaces terroristes, le président Macron aurait-il cette hardiesse de se rendre à titre d’une visite privée à un milieu festif sous les caméras du monde pour partager sa joie de vivre avec la population meurtrie et endeuillée ? Une question qui taraude l’esprit des congolaises et congolais désespérés.
Soirée remarquable de Macron à Bandal.
Retournons au fait, tôt matin, le président Macron arrive au palais de nation pour un échange de plus d’une heure tête-à-tête avec son homologue Tshisekedi, dont le thème majeur l’insécurité à l’est, en d’autres termes, l’agression rwandaise exécutée par le M23, les tueries, le déplacement de la population victime, bref, la guerre. Prenant la parole tour à tour lors de la conférence de presse, le maître mot revenait autour de cette problématique susmentionnée, ce qui pousse à croire que l’entretien de ces deux chefs d’état, outre les questions économiques et culturelles, était plus basé sur les questions sécuritaires. Aussi curieux que soit-il, le verbatim du président Macron a semblé significativement contradictoire au geste qu’il a posé lors de sa visite privé dans la commune de Bandalungwa.
En analysant pragmatiquement et sémiotiquement le contour de cette descente nocturne dans un quartier ambiant de la ville, l’on arrive à décrypter quelques messages de fourberie et de mépris à l’égard de tout le peuple congolais en général et les victimes de l’insécurité de l’est en particulier. Tout commence par l’invitation du président français à l’artiste musicien congolais Fally Ipupa qui a été reçu à l’Elysée, dont la photo avait fait l’objet de controverse sur les réseaux sociaux, plusieurs sources à ce sujet parle d’une demande formulé par ce dernier aux artistes congolais Fally Ipupa et Gims qui d’ailleurs à son tour a rejeté l’invitation pour des raisons personnelles et patriotiques, Fally Ipupa lui par contre va répondre favorablement à la demande en accompagnant Macron dans le quartier chaud de sa commune natale. Oui, la balade en soi dans les artères de bandal ne pose aucun problème mais ce qui a beaucoup indigné c’est le fait qu’un président français qui est en visite du travail et amitié dans un pays asphyxié par l’agression d’un pays voisin, se permette d’aller dans un bar en compagnie d’un membre du gouvernement et un artiste musicien pour faire un toast au bonheur avec une bouteille de bière bien tapée en main, montrant à la population tous les trois combien la vie est belle. Tel est un homme qui danse tout souriant aux côtés d’un enfant meurtri, un geste d’humiliant et obscène !
Que faut-il retenir de la visite privée de Macron à bandal, une rencontre odieuse à la population congolaise qui ne voudrait rien d’autre qu’entendre ce dernier prononcer le mot condamnation d’agression rwandaise à la place de voir une bouteille de bière en l’air, ou un passage historique qui confirme que Bandal c’est paris ?
Donc, le président français a bien accompli sa mission en RDC en laissant derrière lui un bruit qui résonne dans le vide, sans garantit, sans aucune solution apportée.

Rodrigue Gbanda



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