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RDC: « le Rwanda n’est pas un partenaire international fiable et de bonne foi » (HRW)


Le Directeur de l’Human Rights Watch pour l’Afrique centrale, Lewis Mudge est revenu, ce mercredi 11 janvier, sur la déclaration du Président rwandais Paul Kagame avertissant sans ambages aux réfugiés fuyant la recrudescence de la violence en République Démocratique du Congo (RDC).

« Nous ne pouvons pas continuer à accueillir des réfugiés pour lesquels, plus tard, nous serons tenus responsables d’une manière ou d’une autre, ou attaqués», a déclaré Paul Kagame.

Cette déclaration, en effet, illustre, selon Human Rights Watch (HRW) crûment la politisation des droits des réfugiés opérée par le gouvernement rwandais. D’après le directeur de HRW pour la région de l’Afrique centrale, le Président rwandais instrumentalise les droits des réfugiés.

« Cette déclaration intervient à un moment où le Rwanda vient de conclure un accord peu scrupuleux d’un montant de 120 millions de livres, soit 145 millions USD avec le Royaume-Uni pour accueillir des demandeurs d’asile arrivés au Royaume-Uni par des voies irrégulières. Outre avoir tenté d’édulcorer le bilan du Rwanda en matière de droits humains, les autorités britanniques ont cherché à justifier leur politique en affirmant que le Rwanda a une solide expérience en ce qui concerne l’accueil de réfugiés dont environ 76000 sont issus de la RDC. En réalité, le gouvernement britannique ignore délibérément les faits», a indiqué Human Rights Watch.

De ce fait, HRW appelle le Royaume-Uni à annuler cet accord sur les demandeurs d’asile.

Car, selon Lewis Mudge, les propos de Paul Kagame font peut-être référence aux meurtres d’au moins 12 réfugiés congolais dans le camp de réfugiés de Kiziba, au Rwanda, en février 2018, lorsque la police a tiré à balles réelles sur des réfugiés qui protestaient devant le bureau de l’agence des Nations-Unies pour les réfugiés (UNHCR) du district de Karongi, dans la province de l’Ouest.

Paul Kagame n’est pas un partenaire international fiable

À l’en croire, le directeur de HRW de la région de l’Afrique centrale, Lewis Mudge, les dernières déclarations de Paul Kagame témoignent du refus des autorités de prendre leurs responsabilités et d’assurer que justice soit rendue pour les abus perpétrés par les forces de sécurité rwandaises, y compris à l’encontre de réfugiés.

« L’enquête de la commission nationale des droits humains sur les meurtres de 2018 a étouffé l’affaire et personne n’a été tenu pour responsable à ce jour. Au lieu de cela, la police rwandaise a arrêté plus de 60 réfugiés et les a accusés de participer à des manifestations illégales, de se livrer à des violences contre les autorités publiques et à des actes de rébellion, puis de désobéir aux forces de l’ordre », a fait savoir HRW.

La même source indique que certains ont également été accusés de « propagation d’informations mensongères en vue de provoquer l’hostilité de l’opinion internationale vis-à-vis de l’État rwandais ».

Pour Human Rights Watch, les dernières attaques de Paul Kagame contre les droits humains, cette fois contre ceux des réfugiés, ne font que s’ajouter à la liste des preuves attestant que le Rwanda n’est pas un partenaire international fiable et de bonne foi, et que le projet du Royaume-Uni d’envoyer des demandeurs d’asile au Rwanda est fondé sur des contre-vérités et une politique cynique.

Christian Okende



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